Monday, October 29, 2007

LEXIQUE ET DÉRIVÉ par Jean Bermon

Géraldine Balissat et Paule Renaud, qui toutes deux collaborent avec Heritance, ont proposé de créer un lexique multilingue propre au monde des musées. Si, avant tout, je tiens à les remercier pour cet engagement aussi audacieux que généreux, il me semble opportun de souligner la pertinence mais aussi la complexité d’un tel opus.
La muséographie est une activité qui occupe, depuis quelque temps déjà, une place non négligeable au sein de mes pensées, de mes déplacements, de mes lectures et de mes textes souvent courts et bilingues. Par voie de conséquence, mon travail journalier s’effectue depuis bien longtemps sous la surveillance aussi bienfaitrice qu’agaçante, parfois, d’un correcteur orthographique. Ma prose se voit régulièrement rehaussée de délicieuses petites guirlandes rouges ou vertes, qui sont autant de rappels constants aux vertus séculaires de l’orthographe et de la grammaire.
Tout cela est fort utile, tout cela conforte et pourtant… La machine a-t-elle raison de souligner en rouge le mot museography, dès lors que je l’emploie dans la langue de Shakespeare ? Ai-je tort d’ignorer ce sempiternel rappel à l’ordre ?
La traduction de mots propres à chaque discipline est révélatrice de perceptions et d’usages bien différents d’un processus,ou d’un objet pourtant identiques. N’ai-je pas été déstabilisé récemment par l’emploi du mot marketing lors de l’un de nos workshop alors que je ne l’attendais pas dans ce contexte ? J’ai pu, a posteriori, vérifier le bien fondé de cette tournure.
Et si, à défaut, d’une traduction pertinente, nous adoptions le mot de l’autre ?
Punaise, c’est vrai que pour parler d’un bulldozer j’ai jamais dit bouteur.
Les mots ça pourrait bien être contagieux.

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